Les Pteropodiformes

      Le sous-ordre des Pteropodiformes (anciennement mégachiroptères) est majoritairement représenté par des chauves-souris frugivores de grande envergure, communément appelées les renards volants. Ces 175 espèces appartiennent toutes à la seule famille des Ptéropidés dont la plupart sont présentes dans les régions tropicales du vieux monde (Afrique, Asie et Australie). D'importantes colonies y sont retrouvées, d'ordinaire accrochées aux branchages, à l'exception du genre Roussetus qui a tendance à privilégier les cavernes comme gîte de repos (Findley, 1993). Bon nombre d'espèces migratrices telles que la roussette d’Égypte (Rousettus aegyptiacus), parcourent des milliers de kilomètres annuellement, en quête des conditions favorables à leur subsistance. Cette espèce frugivore présente d'ailleurs une aire de répartition qui s'étend du nord de l'Inde jusqu'à l'ensemble du continent africain, hormis les régions les plus désertiques du Sahara (). L'exemple le plus remarquable de migration est sans doute représenté par les 5 à 10 millions de roussettes paillées africaines (Eidolon helvum), quittant chaque automne le bassin du Congo, pour rejoindre les forêts tropicales zambiennes en quête de fruits divers à se mettre sous la dent (Richter & Cumming, 2007).

 

 

      Bien qu’extrêmement diversifiés, la pluparts des Pteropodiformes contrastent par de nombreux aspects avec les chauves-souris rattachées au sous-ordre des Vespertilioniformes (anciennement microchiroptères). Leurs yeux bien développés leur offrent une vision accrue, ce qui, avec l'odorat, représente un atout non négligeable pour discerner les fruits enfouis sous la canopée. Elles sont également pourvues de mâchoires imposantes, leur permettant de venir à bout des fruits les plus coriaces, afin d'en extraire le jus dont elles se nourrissent (Findley, 1993). La plupart des Pteropodiformes n'ont pas développé de système d’écholocation pour se repérer grâce à l'émission de sons à haute fréquence (inaudibles car > à 20 kHz). Quelques roussettes (la roussette d’Égypte, R. aegyptiacus; la roussette de Geoffroy, R. amplexicaudatus; la rousette de Leschenault, R. leschenaultii) utilisent malgré tout un système d'écholocation moins perfectionné et basé sur le claquement de langue. Les sons ainsi produits sont de basse fréquence (< à 20 kHz) et sont donc perceptibles par l'homme. Ce système d'écholocation particulier aurait d'ailleurs évolué marginalement à celui des Vespertilioniformes (Findley, 1993).

      À l'instar de plusieurs espèces issues des forêts tropicales du Nouveau Monde (Amérique latine), quelques rares Pteropodiformes de plus petite envergure () se sont spécialisés dans la consommation de nectar et de pollen. Les Pteropodiformes détiennent, par ce fait, un rôle primordial pour la pollinisation et la dispersion des graines de plusieurs centaines de plantes à travers le monde, participant ainsi directement au reboisement et à la pérennité des forêts tropicales ().


Références:

  • Richter H.V. & Cumming G.S. (2007) First application of satellite telemetry to track African straw-coloured fruit bat migration. Journal of zoology, 275(2): 172-176.
  • Findley J.S. (1993) Bats. À community perspective. Cambridge University Press, New York, 167 pp.

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