L'histoire des chauves-souris

      Les chauves-souris sont représentées par le groupe de mammifères (l'ordre des chiroptères) le plus diversifié au monde, après celui des rongeurs (qui compte environ 1700 espèces). Selon les estimations les plus récentes (Kunz et Parsons, 2009), près de 1120 espèces seraient reportées à travers la planète, hormis dans les régions circumpolaires. Environ un quart des mammifères connus à ce jour sont donc des chauves-souris (Altringham, 1996) et 88 % d'entre elles vivent sous les tropiques.  

       

      Il en existe de toutes les de formes et de toutes les tailles. La plus petite espèce (la chauve-souris bourdon, Craseonycteris thonglongyai ) pèse à peine 2 grammes, alors que les plus grosses (les renards volants, Pteropus spp), peuvent peser presque 2 kilos. Il existe également chez ces mammifères une incroyable diversité  de régimes alimentaires. Sous nos latitudes, les chauves-souris se nourrissent presque exclusivement d'insectes. Une espèce (la grande noctule, Nyctalus lasiopterus) se nourrirait même de passerins, oiseaux migrateurs, attrapés en plein vol nocturne (Popa-lisseanu et al., 2007). La chauve-souris bouledogue (Le piscivore, Noctilio leporinus), plus exotique, pêche des poissons en pleine mer. D'autres espèces se nourrissent de fruits ou de nectar toute l'année. Quelques-unes passent également le plus clair de leur temps à déambuler sur le sol. C'est le cas de la mystérieuse petite chauve-souris à queue courte (l'homnivore, Mystacina tuberculata) qui se délecte de nectar, de fruits et d'insectes glanés ça et là, à l'abri sous la canopée des forêts primaires Neo-Zélandaises. Dans les forêts tropicales du Mexique et d'Amérique du Sud, le vampire commun (l'hématophage, Desmodus rotundus) ne jure que par quelques lampées de sang bien frais.


       Les chauves-souris peuvent paraitre étranges à bien des égards. Comme toute forme de vie, l'évolution à doter les chiroptères de moyens perfectionnés pour interagir efficacement avec leur environnement. Les adaptations qui en résultent peuvent parfois sembler grotesques, elles n'en sont pas moins indispensables pour assurer la survie des espèces. Ce constat est particulièrement vrai chez les chauves-souris douées d'écholocation (principalement les microchiroptères), qui émettent des ultrasons pour chasser leurs proies et se repérer en pleine obscurité. C'est le cas de deux chauves-souris insectivores rependues en Europe, nommés rhinolophes (le petit rinolophe, Rhinolophus hipposideros ; le grand rinolophe, Rhinolophus ferrumequinum), qui émettent des ultrasons grâce à leurs feuilles nasales.

Références bibliographiques:

  • Popa-lisseanu A.G. et al. (2007) Bats' Conquest of a Formidable Foraging Niche: The Myriads of Nocturnally Migrating Songbirds. PLoS ONE 2(2): e205. doi:10.1371/journal.pone.0000205
  • Kunz T.H. and Parsons S. (2009)  Ecological And Behavioral Methods For The Study Of Bats. Johns Hopkins University Press
  • Altringham, J.D. (1996) Bats, biology and Behaviour. Oxford University Press


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